À la relecture je me rends compte que cet article n'est pas complet et je vais le reprendre prochainement, promis.
SIGNALIS est un jeu d'horreur et de survie. Il a tout ce que j'aime: des cartes de tarot, une entité cosmique mystérieuse, un gros tas de chair semi-sensiente qui grandit inexorablement, des âmes soeurs qui cherchent à se retrouver.
J'ai fini ma première partie hier et je crois que je vais faire une petite crise existentielle. Ce n'est pas tant le contexte horrifique que les thèmes abordés au travers de la protagoniste, Elster. Elster est une REPLIKA, une sorte d'androïde construit pour accomplir des tâches de maintenance. Pour la stabilité et l'efficacité, elle possède une personnalité qui est une copie du schéma neuronal d'un-e donneureuse humaine. Cependant au bout d'un moment la greffe ne prend plus et les REPLIKA montrent des signes d'instabilité et c'est là qu'elles sont sorties du circuit.
Le capitalisme (évidemment)
Et puis aussi le patriarcat et le validisme.
A part les ultra riches on vit toustes cette exploitation. Je suis clairement pas la personne la plus à plaindre, j'ai pour le moment un emploi de bureau et je gagne ma vie. En tant que personne handicapée cependant, j'ai eu plusieurs mauvaises expériences, que ce soit dans ma scolarité, dans ma vie sentimentale ou au travail. J'ai souvent été lae parfait-e élève, amant-e, employé-e puis, quand je n'arrivais plus à tenir le rythme, j'ai été décomissionné-e sans un mot. Cela n'aide pas que certaines entreprises ne s'embarrassent pas du vernis néolibéral et ne qualifient même pas leurs employé-es de collaborateurs mais de ressources. C'est plus honnête certes, mais cela n'aide pas à se sentir comme une personne plutôt qu'un matériau.
(NB: je ne pense pas que cette expérience soit spécifique à la vie en entreprise ou au couple. Je pense notamment aux militant-es minorisé-es, qui s'épuisent à la tâche, et sur le travail desquelles on capitalise sans jamais leur renvoyer l'ascenseur.)
Wer bin ich
On est beaucoup à avoir vécu ça. Lisser sa personnalité, adopter une worksona, cacher certains aspects de sa vie privée pour ne pas détonner, ne pas déranger. A force de maintenir ce filtre en permanence, et avec les dépressions/burnouts qui s'enchaînaient et sapaient mes désirs [au sens force de vie], j'ai fini par ne plus savoir qui je suis. J'avais l'impression aussi d'être une personnalité fabriquée faite pour servir et le reste n'importait pas. Je n'avais pas d'énergie pour le reste, de toute façon.
J'ai encore du mal aujourd'hui.