Composition

J'ai lu cet article (en anglais) sur faire communauté et j'ai trouvé ça très intéressant. Ça tape pile dans ce qui me dérange dans les communautés actuelles ou certaines des amitiés que j'ai pu avoir, à savoir les exemples que j'ai vus ne sont pas ce que je veux construire.

Je veux construire de la communauté. Je ne veux pas que ma vie tourne autour d'un polycule, ou d'un groupe d'ami'es, parce que d'après mes expériences passées c'est trop précaire pour moi. Ce sont des espaces où un différent interpersonnel peut mener à l'exclusion et on perd tout d'un coup.

Je refuse de conditionner ma tolérance à l'inconfort au fait que j'ai des relations amicales/sexuelles/romantiques avec les gens. Je veux composer avec les gens, créer un espace où on n'a pas nécessairement besoin de toustes s'entendre à la perfection, mais où on peut s'entraider et être là sur le long terme. Ça ne veut pas dire que je vais y mettre la même énergie avec tout le monde ou activement nouer des relations amicales avec des gens avec qui je ne m'entends pas ou jamais mettre de limites, simplement que je ne vais pas me casser dès que ça devient un peu dur pour moi. C'est un truc que m'a appris le scoutisme : même si cette personne a un avis qui te déplaît sur un sujet particulier et pas très important, ou que cette autre personne qui parle trop te met mal à l'aise, tu composes avec, parce que si tu ne te coordonnes pas avec les autres, personne ne fait la cuisine et tu ne manges pas.

C'est un peu ce que j'aimerais construire avec Zorro Rennes. Confession j'ai commencé les goûters pour ma pomme, parce que je voulais me faire des potes. Mais en fait c'est plus intéressant de connecter des gens qui ont des projets avec des gens qui ont les moyens de les réaliser. J'aime l'idée d'utiliser l'autodéfense sanitaire comme point de départ puis de voir où on peut aller avec ça.

Je ne fais pas ça purement par altruisme. C'est ma réponse aux traumas d'abandon et aux amitiés de quelques mois ou années qui se finissent en un claquement de doigts façon jette et remplace parce que c'est devenu difficile et pourquoi chercher à réparer quand on peut juste chercher ailleurs une personne toute neuve ? Je veux de la résilience, un réseau qui tient ensemble sur la durée, pas forcément parce qu'on s'apprécie mais parce qu'on est coincé'es sur ce bout de terre ensemble et qu'on n'est pas non plus trouzemille à partager des valeurs d'autodéfense sanitaire.

Je sais que ça sonne très idéaliste. Ça ne sera pas rigolo tous les jours. Va falloir tenir sur des années. Des fois j'aurai la flemme et je me forcerai. Des fois je n'aurai pas assez d'énergie et je ferai des choix discutables. Des fois je vais merder. Mais je compte sur les autres pour me le dire. Le futur a une sale gueule et on ne s'en sortira pas seul'es. Il y a des gens avec un réseau de soutien suffisant pour qui ça ira. Mais pas moi et ça ne m'intéresse pas de m'en sortir au détriment des autres. J'ai un peu envie qu'on survive toustes ensemble, parce que encore une fois, on n'est pas non plus trouzemille sur cette terre.

Mais je vais arrêter de rajouter des choses à cet article parce que je préfère qu'on me juge sur ce que je fais et pas ce que je dis. Et ça a probablement été couvert par des gens plus intelligents et intelligibles que moi de toute façon.

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